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15 novembre 2018

Comment écrire la guerre

« Les vérités profondes de la guerre, elles sommeillent à jamais dans les dix millions de crânes enfouis sous les champs de bataille. Les morts seuls savent quelque chose. Les survivants étreignent de précaires souvenirs que tout conspire à défigurer et à dissoudre. »

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Ces mots de Georges Duhamel résonnent particulièrement dans les esprits avec le centenaire de la Grande Guerre qui tua plus de 19 millions de civils et de soldats. Près de 74 millions de combattants furent mobilisés sur le front, affrontant la peur, le froid, la saleté et la mort.

Aujourd’hui, des films, des documentaires, des ouvrages, des monuments sont encore présents pour ne jamais oublier ceux qui se sont sacrifiés et qui ont tant souffert. Des combattants ont décidé d’écrire à partir de leurs propres expériences ce qu’ils ont vécu, vu et entendu sur le champ de bataille. Que ce soit des autobiographies, des personnages inventés, une histoire d’amour ou un journal intime, ces œuvres retentissent dans les mémoires pour la sincérité des mots écrits et le courage de mettre sur papier les atrocités vécues.

 

 

 

 

 

 

Le Feu d’Henri Barbusse (1916), journal d’une escouade

Et chaque lent crépuscule de Wilfred Owen (1918), poésie du front

Orages d’acier d’Ernst Jünger (1920), souvenirs d’un soldat allemand

L’Adieu aux armes d’Ernest Hemingway (1929), l’amour pendant la guerre

À l’Ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque (1929), la fin de l’innocence

Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline (1932) ou l’absurdité de la guerre

Que le soldat soit français, allemand, américain; qu’il soit jeune, plus âgé ; que l’écrivain écrive d’une plume réaliste ou absurde ; le sentiment que procurent ces lectures reste le même. Le lecteur suit les périples au sein des tranchées, l’angoisse à chaque reprise de souffle, la camaraderie qui ressort entre les soldats. Ces textes ne sont pas que de simples témoignages mais bien des textes précieux qui contribuent à sauvegarder une mémoire gravée dans le temps, pour ne jamais oublier et ne jamais répéter les mêmes erreurs du passé.

« Tu es un coriace ; si je te faisais parler de la guerre c’est probablement tout Shakespeare que tu me citerais « Une fois de plus sur la brèche, mes amis ! ». Mais tu n’as pas vécu la guerre. Tu n’as jamais tenu contre toi ton meilleur ami. Tu ne l’as pas vu haleter jusqu’au dernier souffle avec un regard qui implore. » Extrait de Will Hunting, film réalisé en 1997 par Gus Van Sant.


Allemagne, Arts & Culture, Europe Centrale, Europe de l'Ouest, Europe du Sud, Europe du Sud-Est, France, Histoire, Italie,
Rédactrice. Alumnus Sainte-Marie d'Antony. Étudiante en Lettres modernes à l'Institut catholique de Paris.
Intérêt : littérature, cinéma, féminisme, écologie.
Pays d'affection : Royaume-Uni, Espagne, Italie, Allemagne.

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