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12 mars 2020

L’Europe dans le dernier classement PISA

Qu’est ce que le classement PISA?

Le Programme for International Student Assessment ou plus connu sous l’appellation du classement
PISA a été dévoilé début décembre. Ce test est calculé à intervalle régulier de 3 ans, et est évalué par
l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Il mesure alors le niveau des
élèves de 15 ans de plus de 300 pays. Il a été lancé pour la première fois en 2001.
Concrètement le PISA évalue les compétences d’entre 4 000 à 8 000 élèves de 15 ans par pays selon
trois disciplines :
 Lecture et écriture.
 Les mathématiques.
 Les sciences.

Elle est réalisée dans les 34 pays membres de l'OCDE, mais aussi dans un grand nombre de pays
partenaires. L’OCDE compte aujourd’hui au total 34 pays membres dans le monde, avec une majorité
de pays européens (Allemagne, France, Suisse, Suède, Royaume-Uni, République tchèque, République
slovaque, Slovénie, Portugal, Pologne, Pays-Bas, Norvège, Luxembourg, Italie, Islande, Irlande,
Hongrie, Grèce, Finlande, Estonie, Espagne, Danemark et Belgique), mais aussi des pays américains
(Canada, Mexique, Chili, Etats-Unis) et de l’Asie-Pacifique (Turquie, Nouvelle-Zélande, Japon,
Corée). Il faut y ajouter l’Australie (en Océanie) et l’Israël au Proche-Orient.
Il existe également d’autres organisations internationales qui traitent les questions de l’éducation
comme l’IEA (l’Association internationale pour l’évaluation de l’efficacité dans le domaine scolaire).
Cette association non gouvernementale développe alors les premiers prototypes d’études
internationales. Le classement de Shanghai fait lui aussi un classement des meilleures universités
mondiales.
Ce classement a un coût conséquent. Le coût international (prestataires et OCDE) est en moyenne de
150 000 euros. Le coût national (organisation des tests, traduction, etc.) est en moyenne de 300 000
euros. Pour la France, qui fait partie des pays les plus riches de l’OCDE, le coût du test s’élève au total
à près de 600 000 euros, réparti également entre le volet national et international.
Le dernier classement PISA a été publié le 3 décembre 2019 par l’OCDE.

 

Quels sont les enjeux de ce classement ?
Le classement a un enjeu éducatif. « Beaucoup de gens considèrent l’éducation comme un art et non
une science. Mais nous avons besoin de méthodes si l’on veut distinguer et répliquer les bonnes
pratiques. C’est l’idée d’appliquer la rigueur scientifique aux politiques publiques d’éducation qui a
poussé l’OCDE à lancer Pisa », explique Andreas Schleicher, recruté en 1995 alors qu’il dirigeait
l’analyse à l’IEA. En effet, le classement PISA est un très bon outil pour mesurer l’efficacité de
l’éducation dans un pays. Il permet d’identifier les méthodes les concluantes pour améliorer
globalement l’éducation nationale d’un pays, d’autant plus lorsque l’on sait que les principales
dépenses de l’État concernent l’éducation. Il remet en question la clé de lecture de l’éducation, sur
quelle base la mesurer et comment évolue-t-elle. Grâce au classement PISA, une liste des principaux
éléments de la réussite des systèmes scolaires les mieux classés a pu être établie. En premier lieu est
évoqué l’uniformité de progression des élèves quelque soit leur milieu social d’origine. La lutte contre
l’échec scolaire est également fondamentale. Le développement de l’accueil des enfants issus de
milieux défavorisés à l’école sont encouragés. Enfin, ce classement met en avant l’importance de
valoriser l’enseignement professionnel.

Le classement PISA a de plus révélé que la France était de plus en plus inégalitaire au niveau de
l’éducation, puisque les écarts de diplômes entre les enfants de cadres et les enfants d’ouvriers sont de
plus en plus importants, ce qui confirme les accusations d’élitisme du système éducatif français.
Il a révélé aussi la différence entre les filles et les garçons, qui ont globalement la même éducation,
mais ces derniers ont plus de mal dans la compréhension de l’écrit, avec un écart de 40 points en 2009,
c’est-à-dire un total de 475 points pour les garçons contre 515 pour les filles. Mais étonnamment, les
filles ont tendance à faire des études moins longues que les garçons, et se tournent beaucoup moins
vers les secteurs scientifiques par manque de confiance en elles ou par tradition culturelle. Cette
fracture révèle un enjeu de l’éducation des futures générations.
L’Europe quant à elle se positionne dans la moyenne, mais a compris les enjeux de l’éducation que
révèle ce classement, et chaque pays a mis en place une politique pour améliorer leurs résultats.
(Cependant, certains proposent de revoir les critères du classement PISA, pour évaluer non seulement
le niveau académique des élèves mais aussi leur développement personnel, en évaluant par exemple la
créativité, l’intelligence émotionnelle ou l’audace, qui sont pour l’instant difficile à mesurer. Dès
2003, un questionnaire sur l’égalité des chances et l’engagement des parents a été ajouté. À partir de
2009, Pisa a proposé d’évaluer l’accès des élèves aux technologies de l’information et de la
communication et leur usage. Trois ans plus tard, ce sont les compétences en matière financière qui
ont pu être mesurées. En 2015, Pisa a mené la première évaluation à grande échelle sur le bien-être des
élèves. En 2018, 26 pays ont pour la première fois participé à un questionnaire sur les « compétences
globales ». En 2021, Pisa proposera un test autour de la « pensée computationnelle » pour évaluer la
capacité des élèves à penser comme des informaticiens… En 2024, les élèves non-anglophones
pourront tester leur anglais.)
Le classement PISA revête actuellement un enjeu médiatique et d’attractivité pour un pays. Chaque
pays souhaite arriver en tête du classement pour montrer aux autres leur puissance culturelle, et ainsi
attirer les étudiants dans leur pays. Comme pour l’innovation et la recherche, l’éducation est un critère
fort qui détermine la puissance d’un Etat et son poids dans les relations internationales. Le premier
pays du classement PISA de 2019 était la Chine, qui chaque année attire de plus en plus d’élèves
étrangers. Les pays prennent conscience de l’importance de cet instrument politique, et cherchent alors
à améliorer leurs résultats.

 

Comment font les pays pour augmenter leur score ?
On remarque dans le classement Pisa de 2019 que les pays nordiques sont les mieux classés parmi les
pays européens : l’Estonie et la Finlande sont respectivement 4e et 6e. La France, elle, est seulement
23 e . La France est l’un des pays où le lien entre le statut socio-économique et la performance dans Pisa
est le plus fort, avec une différence de 107 points entre les élèves issus d’un milieu favorisé et ceux
issus d’un milieu défavorisé. Nombreux sont les élèves issus de milieux défavorisés, qui, même quand
ils ont de bons résultats, ne se voient pas continuer dans des études supérieures après le lycée.
Libération cite des exemples de mesures mentionnées par l’étude comme étant source d’amélioration
de l’éducation. En Europe, les initiatives de plusieurs pays ont été saluées par l’OCDE. En ce qui
concerne la prise en compte des inégalités sociales, le Royaume-Uni a été remarqué par son
programme de financement baptisé « Pupil Premium »; pour les écoles où sont scolarisés des élèves
défavorisés. “Pupil Premium” est une subvention accordée par le gouvernement aux écoles
d’Angleterre pour réduire l’écart de scolarité des enfants les plus défavorisés, que ce soit en termes de
revenus ou de bouleversements familiaux.
En termes de décrochage scolaire, l’étude met notamment en avant l’Irlande et la Finlande, ayant mis
en place des programmes de suivi personnalisé afin de prévenir ce phénomène.
Enfin, s’agissant des débouchés offerts par le système scolaire, le Luxembourg et la Suisse se
distinguent. Dans ces deux pays, les organisations professionnelles sont investies dans le système
éducatif pour garantir la cohérence entre les diplômes et l’évolution du marché du travail.

 

SOURCES:

https://itslearning.com/fr/actualites/classement-pisa-2019-la-france-se-place-tout-juste-dans/

https://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2013/12/03/comment-pisa-est-devenu-la-norme-mondiale-de-l-evaluation-scolaire_3524386_1473688.html

https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/education-comment-pisa-note-les-systemes-scolaires-1152315

https://www.linternaute.com/actualite/education/1310839-pisa-2022-le-dernier-classement-et-les-resultats-de-la-france-mis-en-perspective/#PISA-2019

https://www.touteleurope.eu/revue-de-presse/classement-pisa-des-performances-inegales-en-europe-en-matiere-d-education.html

 

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